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La poésie des fleurs


Les fleurs abritent en leur cœur tout un dispositif de pérennisation de la vie : le gynécée (ou pistil), qui contient les pièces fertiles femelles, et l’androcée, les pièces mâles autrement dit les étamines. Devant un objectif macro, ce berceau de vie révèle sa beauté avec une précision inhabituelle. Chez certaines fleurs, les caractéristiques du gynécée ou de l’androcée imposent un choix : faire la mise au point sur les extrémités ou bien sur la base de la corolle ou sur les pétales. Le rendu photographique est très différent. Après plusieurs essais sur la fleur d’agapanthe de la photo d’ouverture, c’est la mise au point sur l’extrémité des étamines, les anthères, qui a emporté ma préférence car alors les filets et les pétales s’effacent progressivement dans une étrange lueur. Ode au millimètre, la photographie macro permet de créer une abstraction à partir d’éléments pourtant bien concrets.


Avec le pélargonium, j’ai opté pour une mise au point sur le stigmate du pistil, déployé à l’extrémité du style comme une petite ombrelle semblant dialoguer avec les motifs des pétales.


Une fleur dans la fleur, chez l’hortensia :


Voici l’ordonnancement de l’anémone du Japon :


Notre citronnier, bien loin de ses latitudes originelles, ne fleurit qu’à l’automne, voire au début de l’hiver, et à l’intérieur. Plus aucun pollinisateur n’étant alors en activité, c’est moi qui joue leur rôle. Et ça fonctionne : nous avons récolté nos premiers citrons l’hiver dernier. Les fleurs, d’environ deux à trois centimètres de diamètre, dégagent un doux parfum qui n’est pas sans rappeler celui de la fleur d’oranger. Ici encore, la mise au point est sur les anthères pour flouter le stigmate, moins gracieux que les étamines.


Dans une abstraction poétique tout à fait différente, mystérieuse et presque sensuelle, voici l’orchidée :


Observez celle-ci. Il me semble apercevoir une petite chouette en plein vol, pattes en avant, prête à fondre sur sa proie. Et vous, y voyez-vous autre chose que l’orchidée elle-même ?


Avec une mise au point sur l’extrémité du labelle, la chouette disparaît derrière un halo lumineux et la fleur n’est alors plus qu’illusion :


Poursuivons ce voyage en allant chercher l’abstraction non plus dans l’infiniment petit mais dans l’infiniment grand. C’est à Yann Arthus-Bertrand que je songe et notamment à son œuvre « La Terre vue du ciel ». Fervent défenseur de l’environnement, il photographie la planète – sa faune, sa flore, ses paysages, mais aussi ses habitants – depuis des décennies pour sensibiliser l’humain aux ravages qu’il inflige à la beauté qui l’entoure. Certaines de ses œuvres les plus marquantes, toujours spectaculaires, sont présentées sur ce site : https://www.yannarthusbertrandphoto.com/fr/oeuvre/

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