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Voyage au cœur de l’infiniment petit


Pendant le confinement de printemps, la Belgique était baignée d’un soleil radieux, c’était l’été avant l’heure. Des couleurs éclatantes, une lumière intense mais ni brutale, ni aveuglante, des conditions idéales : j’explorais quotidiennement le jardin, appareil photo en main. De fleurs en feuilles – pour ne pas dire de fil en aiguille – je m’intéressai un jour aux insectes, et surtout aux syrphes, abeilles et bourdons. Une chance : les pollinisateurs furent assez nombreux à partir de la mi-mai cette année. Les abeilles, visiblement agacées par l’objectif, m’interdisaient toute photo nette. L’abstrait, c’est beau, mais là, c’était juste raté. Aussi les laissai-je en paix. Les syrphes, quant à eux, jouaient à tester ma rapidité et mes réflexes. Ils s’immobilisaient devant moi dans un vol stationnaire impeccable mais décidaient qu’il était temps de déguerpir à la seconde où je déclenchais. Ce jeu n'eut pour seul résultat qu'une série de photos étranges : un cadrage incompréhensible du jardin et un bout de syrphe flou sortant du champ. Une partie d’abdomen, un fragment d’aile, jamais l’insecte entier. À ce jour, aucun syrphe ne m’a laissée le cadrer parfaitement mais je ne renonce pas : au printemps prochain, j’immortaliserai un syrphe dans sa splendeur intégrale !

La première réussite, c’est à un superbe bourdon que je la dois… et à la rapidité de mon appareil. Je déclenchai une quinzaine de fois d’affilée sans quitter mon bourdon de l’objectif et là, ô joie, j’obtins une image satisfaisante : un bourdon en plein vol approchant d'une fleur de lavande papillon. La deuxième photo, c’est celle de ma page d’accueil : le papillon posé sur une verveine de Buenos Aires, son beau regard noir semblant interrogateur : « Que veux-tu, humaine ? ».

Mes proches me virent tellement hypnotisée par les insectes et les araignées qu’ils m’offrirent un objectif macro pour fêter mes 49 printemps. Moi qui, à une époque, hurlais telle une sirène stridente à la seconde où j’apercevais une araignée, même de la taille d’un confetti, et la frappais à coups de chaussure jusqu’à ce qu’elle soit pulvérisée… moi qui fuyais en courant et gesticulant dès qu’une abeille ou une guêpe volait à proximité – ne parlons même pas des frelons, mon entourage était davantage effrayé par ma réaction que par la bestiole – voilà que j’étais constamment le nez et l’objectif à quelques centimètres de tout insecte coloré et de la moindre araignée. Celles-ci ont des yeux fascinants et des poils partout : en macro, c’est merveilleux. Là, vous vous dites « elle est dingue, enlevez-lui son appareil ». Oh que non ! C’est un émerveillement.

Je vous propose ce soir un photographe épatant pour vous faire voyager au cœur de l’infiniment petit. Voici l’album « Insect folies » de Patrick Goujon : https://www.patrick-goujon.fr/galerie/insect-folies/ Celui des reptiles est superbe aussi https://www.patrick-goujon.fr/galerie/amphi-repti-shoot/ Regardez tous ses albums, c’est incroyable.

Et si ça vous dit de revoir mes essais de macro, ils sont sur la page Nature/Macro : https://www.emm-myphotos.com/nature

Bon voyage et à la semaine prochaine.

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